S’il avait vécu au temps de Samuel de Champlain et d’Étienne Brûlé (premier canadien d’origine européenne à vivre loin des sentiers battus), Jean-Claude Drapeau aurait sûrement été un valeureux coureur des bois attiré par la nature sauvage, la découverte de terres nouvelles et par le merveilleux défi de survivre dans un pays rude aux nombreux secrets. Il aurait appris plusieurs langues indiennes et probablement servi de guide aux nouveaux arrivants. Aujourd’hui dans la cinquantaine, Jean-Claude Drapeau se rappelle avec plaisir cette période où, petit garçon, il partait à pied de son quartier Saint-Sauveur à Québec pour aller cueillir des fraises à l’Île d’Orléans. «J’ai toujours voulu m’établir à l’Île, dit-il. Pendant des années j’ai cherché le site idéal où je pourrais réaliser le projet que j’avais en tête, celui d’installer une auberge avec une grande salle à manger pour y servir nos spécialités, avec aussi une boutique de fourrures et de souvenirs connexes, en plus d’un espace où des animaux sauvages pourraient évoluer en toute liberté et en sécurité, sous les yeux des visiteurs.»
dans le calme et le grand espace
C’est à l’emplacement d’un verger abandonné que le rêve de M. Drapeau a commencé à se préciser. L’entreprise allait s’appeler Au Poste de traite et deviendrait un complexe où, en plus d’y faire l’élevage de lapins, visons, renards et autres animaux sauvages, on apprêterait la viande de certains d’entre eux selon de succulentes recettes dont seul le chef Lucien Lessard a le secret, tout en développant une formule originale de service « à volonté » aux tables. Les gens qui viennent à l’auberge auront de quoi se réjouir le palais aussi bien que l’œil… L’auberge accueillante et chaleureuse compte sept chambres très fonctionnelles qui, à une certaine époque, auraient bien fait l’envie des Radisson, Des Groseillers et compagnie… Si le projet de Jean-Claude Drapeau a mûri pendant dix ans, il n’a pas tardé à prendre forme le temps venu. La dernière phase se termine à l’été 2004. Très bien assisté par celle qu’il appelle son bras droit, sa conjointe Claire Lacoursière, M. Drapeau est d’un optimisme contagieux. Il fait ce qui le passionne, avec les personnes qu’il aime, dans l’environnement qu’il a choisi pour la beauté du paysage, le calme et le grand espace. « Toutes les saisons sont belles ici, dit-il. J’aimerais qu’un jour les écoles s’intéressent à ce projet d’élevage et que des activités s’organisent ici avec les enfants. » Au Poste de traite de l’Île on ne fait pas que passer… On y vit pleinement et agréablement ! Au Poste de traite est situé à environ vingt kilomètres de l’entrée de l’Île d’Orléans, dans la municipalité de Sainte-Famille. De Québec, le trajet se fait en moins d’une demi-heure.
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